Biographie

Shooting 2016

Avec le recul, je suis content de mon parcours, car je sais que si je fais de la musique aujourd’hui, je le dois à ma seule passion. Ce n’est ni un piston qui m’y a propulsé, ni les planètes qui se sont alignées tout de suite et m’ont permis une ascension fulgurante, m’imposant cette carrière et me forçant à l’accepter de manière opportuniste, ni mon génie qui m’a mis au devant de la scène – mettant tout le monde d’accord. Rien de tout ça. C’est la passion qui m’a tenu, passion qui a fini par se muer en foi, et donc en évidence. Je me suis résigné, je suis musicien, et même pire, je ne suis qu’un musicien. À chaque fois que j’ai essayé de me séparer de la musique, de la chasser de ma vie, elle est toujours revenue par la petite porte. À chaque infidélité, elle m’a pardonné, et rouvert les portes de son amour. Je dirais que c’est un langage universel que je comprends et parle très bien. Avec un peu de vantardise, je peux même prétendre que je suis bilingue musique. Ah oui, précision importante, j’attache au terme “musicien” une signification particulière. Je n’arrive pas à faire de distinction entre musicien instrumentiste, chanteur, ingénieur du son, producteur. Par confort, j’ai rangé toutes ces casquettes sous la bannière “musicien”. Alors comment tout cela à commencé ?


INTRO

1993, j’ai 12 ans et j’ai déjà découvert Slash, Kurt Kobain, Metalica, ACDC, et Rage Against The Machine. C’est la guitare qui m’a attiré au début, avant tout le reste. Après un essai infructueux au synthé, mes parents m’offrent ma première guitare à 13 ans. La condition était d’être inscrit au conservatoire. J’y suis allé… 3 mois ! J’ai vite compris que je m’accordais plus à la pratique et la compréhension empirique qu’à la théorie.

Quand j’ai eu 14 ans, mes parents m’ont offert un livre sur la guitare. Fender, Gibson, Paul Red Smith, Marshall, Vox, ça faisait vraiment rêver.

Mais à la fin de ce livre, ce sont d’autres images qui m’ont particulièrement attiré : les plus grands studios du monde en photo, Abbey Road à Londres, Blackbird Studio à Nashville, East West Studio à Los Angels etc. Des endroits magnifiques, lieux de création de la musique que j’adorais, et de celle que je ne connaissais pas encore.


J’ai pas compris tout de suite que j’aimais ça, mais quand j’y repense, j’ai commencé à m’intéresser à l’électronique, j’ai acheté une table de mixage en kit à souder à 15 ans (elle n’a jamais marché, mais ça n’a pas entamé ma détermination), j’ai passé un bac électronique à 17 ans, et devinez quel sujet j’ai eu ? La table de mixage ! J’étais alors obligé de l’avoir.

Je voulais être ingé son, mais je ne savais pas exactement ce que c’était. Et puis je n’ai été pris dans aucune école. Aucune. Dossier scolaire trop faible. Mais “ingénieur du son”, c’était le métier que j’avais sélectionne sur 3615 Ravel, le service d’orientation proto-internet sur le minitel.

Je me voyais chanteur, ingé son, guitariste, mais je ne l’ai jamais avoué à personne, même pas à moi même. Je ne savais pas qu’en visualisant un objectif, on pouvait finir par l’atteindre à condition de s’en donner les moyens. J’étais assez secret, et je crois que j’avais besoin de me sentir utile, légitime et aimé, alors après ma première année de fac, j’ai fait du social en bénévolat pendant un an.

COUPLET


À cette époque, je joue beaucoup de guitare, je me mets au Jazz, je développe et j’approfondis ma culture Funk, Soul, Acid Jazz. Je joue dans plusieurs formations, essentiellement Jazz-funk.

Je me mets à la MAO (Musique Assistée par Ordinateur), je passe par Fruity Loops, Cubase, Logic, je compose pour des chanteurs de Pop, des chanteuses de Gospel et Rn’B, pour moi même aussi, je m’essaye à la musicothérapie !

Je vous passe le détail des pérégrinations universitaires de ces années là, j’ai fait de l’informatique, des maths, du social, de l’intérim, de l’histoire, puis j’ai atterri à Marne La Vallée en Enregistrement Musical et Matériau Sonore. Mais je m’y suis ennuyé, trop déstructuré, pseudo-artistique, pas assez concret, ou plutôt si puisqu’il était question de musique concrète, chose qui échappait complètement à mon empan cérébral de l’époque.

Toujours attiré par la production musicale, je me faisais des parcours dans tout Paris, je rejoignais tous les studios en Rollers, métro ou bus pour y porter mon CV et lettre de motivation. Il faisait beau, c’était le printemps. Mais je n’ai obtenu aucun stage dans la trentaine de studios que j’ai démarché. Une ou deux réponses négatives, et aucune touche.


Alors, loin de me démonter je trouve (presque tout de suite) un stage dans un théâtre à Paris. Et ça se passe bien, très bien même, je suis recommandé pour un premier boulot dans un autre théâtre en tant que régisseur, puis un autre, etc. J’en viens à me demander si je me lance dans une carrière de musicien ou de régisseur. Et je choisis régisseur, je ne voulais pas galèrer, je voulais gagner ma vie tout de suite et voir après. Je me suis fait une promesse à ce moment là, je me suis dit que si je vivait de la musique, ce serait avec ma musique, pas en suivant des projets que d’autres menaient. Je crois que je ne voulais pas ressembler à certains musiciens que je croisais dans les nombreux groupes que j’ai eu dans mes années fac, pas vraiment heureux, obligés de courir le cachet. Aujourd’hui je les comprends mieux, mais à l’époque, ça m’angoissait carrément de devenir comme ces types là.

Deux ans plus tard, alors installé en tant que régisseur général dans une salle de 600 places, je commence en alternance la SAE pour apprendre l’ingénierie du son. Mes journées sont longues, les matins en cours, après-midi et soirs au théâtre, pas de week end. Mais j’ai aimé ce rythme, j’ai toujours été un bosseur, surtout depuis que je sais ce que je veux.


Après la SAE, je commence à faire des infidélités au théâtre et j’officie dans un studio pour une société de post production pour la télé, je fais de l’enregistrement et mixage de voix off et de reportages, et à l’occasion je fais des jingles, notamment pour Julien Courbet et l’émission Service Maximum.

En 2006, je commence à reprendre du service dans un groupe, Cochise et les Chercheurs d’Or, avec qui je resterai quatre ans. Nous ferrons beaucoup de concerts sur Paris et en province. L’équipe finit par se fixer et je deviens assez vite le plus ancien. J’admire Damien, le chanteur et co-guitariste qui signe et assume des chansons que je trouve très bonnes.


En 2008, je monte mon premier studio, Music Is Alive, à Paris, entre le théâtre dans lequel je travaille et la cabine que j’ai construite… dans mon salon ! Ma copine de l’époque a accepté ça, comme quoi la vie peut être miraculeuse. Je produis et enregistre des groupes de rock principalement. Puis nous sortons l’album de Cochise en 2010.

Ma carrière de régisseur connait des hauts et des bas, et en 2011, je quitte le théâtre dans lequel j’officie depuis 4 ans pour partie en tournée avec une comédie musicale, Hair en tant que régisseur lumière. J’ai besoin d’avancer.


Le temps se gâte, c’est une période un peu difficile dans laquelle je finis par quitter Cochise, je fais de la tournée ce qui m’empêche de suivre un projet musical, je ferme mon studio, et pour tout dire, je ralentis la musique considérablement, quitte à ne pratiquement plus toucher ma guitare ni mon ordinateur pendant plusieurs mois.

Puis la tournée s’arrête, je retrouve un poste fixe dans un théâtre de Boulogne, et allez savoir pourquoi, je me met à composer. Nous sommes en 2012. Je vie cette période comme une renaissance personnelle et artistique. Je comprends que je suis capable d’écrire de la musique. Ce n’est pas rien ! Je reviens à mes premiers amours que sont la pratique musicale, la production, et maintenant, l’écriture et la composition.

Mon expérience en studio me sert à faire des maquettes à peu près mixées et présentables, et en 2013, lors du festival d’Avignon, je rencontre Ayouba Ali, chanteur et comédien, avec qui nous formerons Free For The Ladies l’année suivante.

Je commence alors à composer pour des spectacles, Vérino, puis Baptiste Lecaplain, Dany Boon, Anne Roumanoff etc. Mais ce que j’aime le plus, c’est la scène ! Avec Free For The Ladies, on donne une cinquantaine de concerts endiablés entre Paris, la Suisse et la Province. On fait quelques gros festivals, et on a même la chance de faire une première partie à l’Olympia.

Je fais plein de choses, je compose tout le temps, des jingles pour des plateaux d’artistes , des bandes son de films, de pièces de théâtre, quand je prends le train pour faire la régie d’un spectacle en tournée, je compose dans le TGV sur Ableton Live, bref je n’arrête jamais. Mais l’objectif n’est pas tout à fait encore clairement défini. Ça va venir.

REFRAIN


Free For The Ladies m’a permis de comprendre que quoi que je fasse, la musique reviendrait toujours dans ma vie. C’est avec ce projet que j’ai admis que je devais aller dans cette direction. Je devais arrêter de me chercher des excuses avec le boulot de régisseur. Je devais passer de “régisseur qui fait de la musique” à “musicien qui est régisseur le temps de gagner suffisamment sa vie”. Pas facile ce cap. Mais je l’ai franchis vers 2015. Pour la première fois, j’assume mon ambition.

On m’a toujours poussé à la prudence, “trouve toi un boulot stable”, et c’est vrai que c’est important. Mais Marc Aurèle (l’empereur philosophe Romain) a cité les quatre piliers de la vertu de la façon suivante : Courage, Justice, Prudence et Tempérance. Ce dernier est intéressant, la tempérance, qu’est ce que c’est ? Pour moi c’est ce qui évite de plonger dans une doctrine, c’est la part de modération qu’on devrait toujours avoir. Dans tout ! J’irai même plus loin en disant que c’est le Libre Arbitre. La part d’improvisation, de remise en question qu’il faut avoir pour se faire dérailler quand on a pas encore trouvé le bon équilibre. C’est ce qui nous permet de nous perdre pour mieux nous retrouver. À un moment grand lecteur de philosophie, et notamment des penseurs comme Alain, Sartre, Comte Sponville, Tchouang Tseu et Hesse, j’ai commencé à assumer une part de déséquilibre, qui m’a aidé In Fine à faire le grand saut.


En 2018, à la fin d’une très grosse tournée de 150 dates en Zeniths comme régisseur général pour un artiste majeur, j’ai vu la fenêtre de tir. J’avais un capital suffisant pour monter mon studio et mon label. Alors j’ai tout arrêté, les tournées, les spectacles, le boulot. Je n’ai gardé que du travail de musicien sur des spectacles d’improvisation théâtrale. Et pendant 6 mois, j’ai construit de mes mains mon studio, dans la maison que j’avais acheté avec ma compagne l’année d’avant à Bagnolet. 6 mois de travaux, de soudures, de doutes, de sang, de larmes (et c’est pas juste une expression !), mon studio ouvre le 27 novembre 2018. Et ma fille vient au monde un mois plus tard, le 31 décembre.


OUTRO

J’appelle ce paragraphe Outro, mais en vrai c’est plutôt la coda, le recommencement. J’ai 38 ans au moment ou j’écris ces lignes, mon studio tourne bien, mon label commence à obtenir des résultats, les choses se mettent en place depuis un an et demi.

J’ai beaucoup de raisons de me réjouir, et autant de douter. Chaque nouveau défi relevé soulève de nouvelles questions, finalement le mythe de l’Hydre de Lerne n’a-t-il pas été imaginé par des gens qui avançaient en essayant d’être phase avec qui ils étaient vraiment ? À chaque nouvelle tête coupée, deux nouvelles apparaissent. Mais qu’importe la mythologie, l’histoire s’écrit, et je commence à vivre la vie dont je rêvais jadis.


Alors c’est vrai, la musique c’est dur, certains vont dire qu’il y a beaucoup de vantards, de mythos, de requins. Et c’est vrai parfois, mais finalement, ce ne sont que des ombres, ils ne sont pas vraiment nuisibles si on en a pas peur. Ils font partie du folklore, et la masse de personnes que j’ai eu la chance de servir depuis que j’ai ouvert le studio aime à les citer pour mieux se centrer sur des valeurs universelles, celles des amoureux de musiques de tous horizons : le partage, la passion, la transmission, le travail d’équipe, et la solidarité. Ça sonne comme une pub Manpower tout ça, mais franchement, si vous en êtes à lire ces lignes, vous voyez au moins un peu de quoi je veux parler.


Je ne sais pas avec qui ni dans quelles conditions j’écrirais les prochaines pages de mon histoire, je ne sais pas si je connaitrais le succès international, ou même national. Bien sûr que je le veux, je ne vais pas vous mentir cher(e) lecteur(trice), je veux produire des hits, tapisser les murs de mon studio de disques de platines, ne plus me soucier de comment je vais payer mon crédit. Mais même si je n’arrive pas là, je sais que j’aurais été au bout de quelque chose. Je sais que j’aurais tout donné pour ma passion. Un ami m’a cité la maxime suivante : “réussir ou mourir en essayant”. Je valide à 100%, je suis en accord avec mes valeurs profondes quand je fais de la musique au sens large, je respecte et sourie au jeune garçon qui bavait devant les guitares et les studios, et puisse la Vie me donner la force d’atteindre mes objectifs. Mais le chemin n’est-il pas plus beau que l’arrivée ? Nous verrons bien.


Nicolas Bénier

Pour résumer, je pratique la musique depuis vingt cinq ans, et voici une liste non-exhaustive de mon savoir-faire, la case “compétences” de mon CV de musicien si vous voulez.

  • Guitare – très bon niveau (Jazz, Rock, Blues, Soul, Funk, Afro, Espagnole, Arabe)
  • Basse – bon niveau (Funk, Jazz, Rock, Latine)
  • Synthé – niveau basique
  • Batterie – bon niveau
  • Percussions – bon niveau
  • Ukulele – bon niveau

Compétences musicales

  • Composition (Pop, electro, Urbain, Jazz, Soul, Funk, Rock, Balade, Folk, Americana, Musique de nuit, Ambiances sonores etc.)
  • Arrangements
  • Direction musicale
  • Production

Compétences studio

  • Enregistrement
  • Mixage
  • Mastering
  • Matériel analogique
  • Environnement numérique
  • Plugins
  • Instruments virtuels

Compétences globales

  • Management de projets
  • Stratégie musicale
  • Distribution digitale
  • Promotion web
  • Réseaux sociaux